Education formelle et non formelle
Cours de vie affective et sexuelle (EVRAS)

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La problématique des adolescentes enceintes est un thème qui revient fréquemment au centre de l’actualité. Pour le Conseil de la Jeunesse, cette question nécessite une réponse transversale… et passe notamment par la mise en place de cours obligatoire de la vie affective et sexuelle.

Dans un avis publié fin 2010, voici les constats et les propositions que faisait le Conseil de la Jeunesse, organe officiel d’avis et de représentation des jeunes francophones :

 

Malgré le fait que :

  • Le taux de grossesse chez les jeunes filles en Belgique est l’un des plus bas du monde (nous sommes, selon les sources, dans le « top 6 ») ;
  • Rien ne permet d’affirmer que les avortements en Belgique augmentent ; c’est leur enregistrement qui a augmenté depuis que celui-ci est légalisé.

Le Conseil de la Jeunesse constate que :

  • Les méthodes de contraception sont mal connues et/ou mal utilisées par certains jeunes, surtout dans les catégories socioéconomiques défavorisées ;
  •  l’usage du préservatif serait moins fréquent qu’auparavant ;
  •  la grossesse précoce est, notamment dans certains milieux très défavorisés, le seul moyen que voient les jeunes filles pour se mettre en valeur ;
  •  de tels comportements peuvent découler de situations familiales difficiles ;
  •  de vieilles croyances sont toujours très vivaces chez les jeunes, notamment celle de penser que l’on ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel ;
  •  nombre de parents n’abordent pas, mal ou très tardivement les questions de vie affective et sexuelle pour des motifs aussi divers que la religion, l’acceptation de la sexualité dans leur culture, le déni, le manque de dialogue, … ;
  •  mis à part le préservatif et la pilule contraceptive, les moyens de contraceptions sont mal connus par les jeunes et peu pris en charge par les mutuelles ;
  •  les organismes de l’ONE ne forment pas ou peu les travailleurs médico-sociaux à la prise en charge des mères adolescentes ;
  •  les écoles, centres PMS et autres plannings familiaux ne prennent souvent que des initiatives isolées (ce qui va à l’encontre de l’égalité des chances dans l’enseignement) ;
  •  il n’y a pas d’information objective et structurée à l’usage des jeunes filles enceintes ; elles ne sont souvent pas conscientes des responsabilités qui seront les leurs en tant que mère. Au niveau des jeunes pères, l’information est pour ainsi dire nulle ;
  •  si, dans certains cas, la jeune mère est aidée, le père est souvent vu comme un facteur négatif et n’est quasiment jamais pris en considération ;
  •  les séances d’information sont bien souvent dispensées dans l’enseignement général alors que c’est dans les filières techniques et professionnelles que l’on observe le plus de problèmes .

Le Conseil de la Jeunesse estime donc que :

  •  Il est urgent de relancer les campagnes de prévention et d’organiser un cours obligatoire d’éducation à la vie affective et sexuelle dès le début du secondaire;
  •  ces cours doivent se donner dès le début de l’adolescence, tous réseaux et filières confondus ;
  •  ces cours ne doivent pas se limiter à un aspect contraceptif purement technique. Ils doivent conduire à l’acceptation de soi, ce qui implique la destruction des préjugés liés, pour citer un exemple, à l’homosexualité ;
  •  Il faut autant que possible intégrer les parents dans le processus d’apprentissage. Dans le cas où les parents refusent, pour des motifs qui leur sont propres, d’éduquer leurs enfants à la question qui nous occupe et qui est une question de santé publique, il est du devoir de l’école de palier à ce manque ; c’est ici que l’instauration d’un cours obligatoire prend tout son sens ;
  •  Il faut revaloriser l’enseignement et lui rendre son rôle d’émancipateur social : il ressort très clairement des études que la grossesse est, dans la perspective d’avenir de certaines jeunes filles, l’unique moyen de s’élever socialement ;
  •  Il faut revoir le remboursement de certains moyens contraceptifs à la hausse et en faciliter l’accès ; il ressort des études que la pilule contraceptive n’est pas la meilleure méthode de contraception pour les jeunes (nécessité de la prendre tous les jours, …) ;
  •  Il faut former les acteurs de terrains à l’accueil efficace des jeunes filles qui tombent volontairement enceintes et/ou qui choisissent de mener leur grossesse à terme ;
  •  Il faut cesser d’exclure, même de manière inconsciente, les jeunes pères du processus de préparation à devenir parent ;
  •  Il faut d’urgence mettre sur pied une organisation du temps efficace afin de permettre aux jeunes mères et aux jeunes pères de pouvoir poursuivre leurs études dans les conditions les plus favorables possibles.

 Nous demandons donc :

  • la mise en place au plus vite des études et des concertations proposées par Mme la Ministre Fadila Laanan afin que puissent s’organiser dans les établissements scolaires les cours obligatoires d’éducation à la vie affective et sexuelle et ce dès la première année du premier degré ;
  •  la revalorisation de l’enseignement quels que soient les réseaux et filières, afin que les jeunes les plus défavorisés y revoient un moyen de s’émanciper ;
  •  à la Communauté française de plaider pour une information et un remboursement plus élevés des différents moyens de contraception ;
  •  de donner aux enseignants l’occasion de se former à l’écoute des adolescents concernant ce type de problèmes, par exemple dans leur formation continuée. Ces questions ne sont pas les préoccupations premières des enseignants, mais l’expérience démontre qu’ils sont souvent des adultes référents pour les jeunes ; par une formation, l’enseignant pourrait guider et accompagner le jeune vers les personnes ressources adéquates sans se substituer à celles-ci;
  •  de créer au niveau du pouvoir organisateur un groupe d’étude visant à faire passer une circulaire commune à tous les réseaux sur l’accueil des adolescentes et adolescents parents dans les écoles ;
  •  d’assurer financièrement des moyens humains et techniques pour aider les jeunes parents, en particulier ceux qui ne reçoivent pas le soutien de leur famille ;
  •  que des distributeurs de préservatifs soient placés devant toutes les écoles et de multiplier les endroits où l’on peut en trouver facilement.

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