Education formelle et non formelle
La lutte contre les inégalités et la relégation dans l’enseignement

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Dans son plan d’Action 2014-2015, le Conseil de la Jeunesse a fait de la lutte contre les inégalités et la relégation scolaire sa priorité. Un Groupe de Travail se penche sur la question.

L’enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles ne se limite pas à la formation professionnalisante des jeunes. Comme l’explique le décret « Missions » déjà mentionné, il doit également leur permettre de s’approprier les savoirs, et acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle. Il doit aussi les préparer à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures. Enfin, il doit assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale. C’est surtout sur cette question sensible des inégalités sociales dans l’enseignement (études PISA notamment mais aussi les nombreux travaux en sociologie de l’éducation) que le Conseil de la Jeunesse veut s’engager, en abordant en particulier la problématique des filières de relégations dans l’enseignement obligatoire.

Commencer l’enseignement général, transiter vers l’enseignement technique et terminer dans l’enseignement professionnel, voici un chemin qu’emprunte un grand nombre d’élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles. L’enseignement secondaire en Belgique francophone est théoriquement composé de trois filières différentes qui comportent chacune leurs propres spécificités et avantages. Il n’y a donc a priori pas lieu de comparer ou de mettre en avant une filière plutôt qu’une autre puisqu’elles possèdent chacune des objectifs distincts. Cependant, on constate que les filières qualifiantes sont devenues des filières dites de relégation dans laquelle des élèves, écartés de l’enseignement général et cumulant souvent les handicaps socio-économiques, sont envoyés par défaut. Ce processus de relégation est problématique parce qu’il entretient et renforce les inégalités : de récentes études confirment, en effet, que les jeunes orientés vers l’enseignement qualifiant ou professionnel proviennent principalement de milieux sociaux défavorisés.

La problématique des violences à l’école ne pouvant elle-même pas être comprise en dehors de cette question de la relégation et des inégalités. De nombreux sociologues ont en effet souligné ce lien entre les violences de certains élèves et la violence d’un système scolaire qui les relègue dans des sections « poubelles ».

Le phénomène de relégation ne touche pas que l’enseignement secondaire, il frappe également le primaire. La tendance à reléguer des élèves, valides mais qui pour toutes sortes de raisons sont difficiles à gérer, dans l’enseignement spécialisé s’accentue ces dernières années.

Le Conseil de la Jeunesse souhaite, durant la mandature 2014-2015, entamer une réflexion sur les structures du système scolaire qui engendrent les mécanismes de relégation (interaction entre enseignement primaire et enseignement spécialisé, attestations de réussite dans le secondaire et relégation dans l’enseignement obligatoire suite au manque de maîtrise de la langue française) pour proposer des moyens de lutte contre ces mécanismes. Le Conseil de la Jeunesse souhaiterait également mettre en œuvre diverses actions concrètes afin de revaloriser les filières qualifiantes pour qu’elles ne soient plus, pour l’opinion publique, celles de relégations mais un véritable choix offert aux jeunes et, in fine, que leur cursus soient mieux valorisé sur le marché de l’emploi. D’autres mesures pourraient être mises en œuvre, notamment la création d’un tronc commun pour tous les élèves jusqu’à seize ans afin d’éviter la sélection précoce effectuée aujourd’hui dans l’enseignement et dont on sait qu’elle n’est pas neutre socialement.

La lutte contre la relégation soulève aussi la question plus vaste de l’accès à un enseignement fondamental, secondaire et supérieur, de qualité, accessible à tous, financé à hauteur de ses besoins, et qui tendrait vers la gratuité. Question d’autant plus prégnante au vu du boom démographique de la région bruxelloise.

Contact : alain-yves.lamberts@cfwb.be – 02/413.29.44



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