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Retour de notre déléguée ONU pour le Développement durable sur le HLPF: “Les jeunes sont-ils réellement les acteurs de demain ?”

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Retour sur le Forum Politique de Haut Niveau (HLPF) de New-York où notre déléguée ONU pour le développement durable, Diane Delava, et son homologue flamande Nele Van Hoyweghen se sont rendues début juillet.

Tu souhaites en savoir plus sur ce forum et en connaitre un peu plus sur l’avis de Diane concernant cet événement? Consulte la suite de cet article!

Les jeunes sont-ils réellement les acteurs de demain ?

 

Début juillet, j’ai participé au Forum Politique de Haut Niveau[1] (FPHN) au siège des Nations Unies à New York dans le cadre de mon mandat de jeune déléguée ONU pour le développement durable au Conseil de la Jeunesse.

 

Qu’est-ce que le FPHN ?

Le FPHN est la principale plateforme des Nations Unies consacrée au développement durable. Elle a été créée en juillet 2013 et les pays membres se réunissent une fois tous les ans pour passer en revue les progrès globaux en matière de développement durable.

Durant la première semaine de ce forum, tous les états membres échangent et se mettent à niveau à propos de la poursuite de certains Objectifs de développement durable (ODDs) spécifiques.

Cette année, le thème était  « La transformation vers des sociétés durables et résilientes ». Dans ce cadre, les ODDs passés à la loupe étaient les ODD 6 (eau), 7 (énergie), 11 (villes et communautés durables), 12 (consommation et production responsables), 15 (vie terrestre) et l’ODD 17 (partenariats pour la poursuite des ODD).

Durant la 2ème semaine, les pays qui s’étaient portés volontaires ont eu l’occasion de présenter leurs progrès en matière de développement durable. Cette année, 46 états membres y ont présentés leur rapport national.

 

Ma place en tant que jeune déléguée

 

Je me suis rendue à New York avec l’espoir de découvrir des pratiques innovantes et d’entendre de nouvelles bonnes résolutions de la part des pays présents. Ce forum réunissait les états membres ainsi que tous les groupes représentant la société civile.

Je faisais partie de la délégation belge, ayant le statut de jeune déléguée ONU pour le développement durable du Conseil de la Jeunesse.

En tant que jeunes délégués pour le développement durable, nous avons un objectif au niveau national mais aussi au niveau international. En effet, les délégués ONU ont pour mission de consulter les jeunes de 16 à 30 ans sur une thématique spécifique. Cette année, notre thème était la mobilité.

A l’international, notre rôle est tout autre. Il consiste dans le fait de plaider pour une participation accrue de la jeunesse dans la prise de décision. En tant qu’acteur de demain (et d’aujourd’hui) il est inacceptable d’envisager que les décisions en vue de l’année 2030 soient prises sans nous. Lors de ce forum, nous avons eu l’occasion de répondre à cet objectif en montrant que les jeunes sont présents, que nous avons notre place à l’ONU et dans les délégations officielles. Nous avons également rencontré plusieurs personnes ayant une influence certaine aux Nations Unies pour qu’elles se rallient à notre cause (notamment la Député Secrétaire Générale, Amina Mohammed et l’envoyée spéciale du Secrétaire Générale pour la Jeunesse, Jayathma Wickramanayake).

Une de mes premières impressions en arrivant sur place fut la multitude de personnes que je pouvais rencontrer et avec lesquelles je pourrais collaborer afin de remplir notre mission dans un futur proche ou lointain. Durant tout mon séjour, j’ai eu l’occasion de travailler avec le Major Group for Children and Youth ainsi qu’avec les autres délégués jeunesse à l’ONU. Tout était nouveau, il y avait énormément de monde et de projets à découvrir.

 

La place des jeunes au sein de ce forum

Malgré ces signaux encourageants, en prenant du recul, je n’ai pu que constater les lacunes du système visant à intégrer les jeunes. Inviter les jeunes à participer à un tel forum est une chose, les faire participer activement aux débats et aux décisions en est une autre. Trop souvent, les jeunes sont « utilisés » pour montrer l’exemple. Si l’unique raison de notre présence est de prononcer un discours et de pouvoir montrer dans les médias que les jeunes étaient présents à la conférence, pourquoi sommes-nous là ?

Notre but n’est pas d’être aux Nations Unies pour faire des belles photos pour Instagram ou pour les réseaux sociaux. Nous voulons avoir un réel impact.

En tant que jeunes, nous sommes trop souvent considérés comme une population manquant d’expertise ou d’expériences. Ce qui n’est pas le cas. Le Major Group for Children and Youth représentant les jeunes et enfants à l’ONU est connu pour avoir des interventions très pertinentes. Pourtant nos recommandations ne sont que rarement prises en compte.

En tant que jeunes délégués ONU nous avons tous notre expertise et expérience – aussi différente qu’elle puisse être de celle des décideurs. Nous n’attendons qu’une chose : que celles-ci soient utilisées!

 

Une audace gâchée

En plus de notre expertise, en tant que jeune, nous avons, de manière générale, une audace un peu plus développée que nos pairs plus âgés. Nous osons pointer du doigt certaines pratiques qui ne sont pas durables, nous allons à la rencontre des personnes qui peuvent actionner un changement nécessaire, et nous sommes souvent applaudis pour notre audace.

Mais que valent ces applaudissements si nos considérations ne sont pas prises en compte par la suite ? Nous échangerions avec plaisir ces applaudissements par une place dans les négociations effectives, là où se prennent réellement les décisions (comme Madame Isabelle Durant l’a justement proposé lors de notre rencontre sur place). Nele dans son discours sur l’ODD 12, énonçait : « Notre culture de consommation excessive, associée à des modèles commerciaux d’obsolescence planifiée, nous empêche de reconnaître systématiquement les conséquences de la surconsommation et conduit à privilégier le profit par rapport aux personnes et à la planète. ». Elle a été applaudie, entendue mais pas écoutée.

 

Des jeunes qui n’ont pas droit à la décision mais qui sont les sauveurs de demain

Il est d’autant plus décevant d’entendre par après des dirigeants sensibiliser les jeunes à changer le monde de demain ou, à tout le moins, à trouver des solutions pour le rendre meilleur. Trop souvent, j’entends dire : « Vous les jeunes, vous avez les solutions, la force et la créativité de changer les choses ». Pourquoi ne prenons-nous donc pas plus de place dans la prise de décision ? Tout est mis en place pour que nous soyons présents mais notre impact est proche du néant. Nous ne sommes pas malheureusement pas conviés aux réunions où nos dirigeants négocient réellement les accords.

 

Des changements à activer

Si je m’insurge autant face à cette très faible intégration des jeunes dans les décisions, c’est parce que je suis choquée par le manque inquiétant de qualité de ces accords.

En arrivant à l’ONU, je m’attendais à y découvrir un environnement en lien avec les ODDs, un environnement irréprochable en terme de durabilité. A ma grande déception, ce n’est pas le cas. Dans un forum axé sur le développement durable, couverts, verres et assiettes étaient jetables et en plastique.

Bien trop souvent, nous pensons que le changement doit venir d’ailleurs ; « Si moi je le fais qu’est-ce que ça apportera ? Le changement arrivera d’ailleurs et en temps voulu ». Mais pour une organisation qui est l’auteur d’un agenda durable pour 2030, il est impensable d’attendre que le changement vienne d’ailleurs.

 

Ce n’est pas moi, c’est les autres…

Lors d’une discussion informelle sur le thème de l’ODD 17, une consultation a été menée parmi les participants. A ma grande surprise, la plupart des personnes présentes étaient satisfaites des moyens engagés par leur propre pays pour parvenir à l’atteinte des ODD pour 2030. Par contre, tous semblaient négatifs quant à l’atteinte de cet agenda au niveau global. La faute est toujours attribuable à quelqu’un d’autre …

 

Trop de généralités et peu d’avancement

Que ce soit durant cette consultation ou lors des séances plénières, les interventions étaient trop souvent vagues et peu spontanées. Dans mon discours sur l’ODD 17, j’énonçais le besoin de changement et d’innovation (que ce soit en Belgique et ailleurs). Peu de ces ingrédients étaient présents au FPHN. Je rentre de ce séjour déçue. Déçue parce qu’en y repensant, j’ai l’impression d‘avoir assisté à un concours de beauté. En effet, chaque pays était là pour montrer ce qu’ils faisaient de mieux, pour se donner un exemple ; l’Arabie Saoudite allait jusqu’à se vanter de ses pratiques d’égalité des genres.

 

Une réforme nécessaire

L’année prochaine, le FPHN sera réformé (une réforme est prévue tous les 4 ans). De ce fait, nous avons souvent débattu des changements nécessaires pour accélérer la progression des objectifs. Un des problèmes actuels est que le seul risque pour un Etat de ne pas contribuer suffisamment à l’atteinte des ODDs, est qu’il ait une mauvaise réputation. Et malheureusement, seule une minorité des états perçoit l’urgence de la situation et le risque d’un crash de notre planète et de la population toute entière. La réforme du FPHN est donc indispensable pour rendre chaque état responsable de ses actions.

 

Un avis nuancé

Je garde un bilan mitigé de ce sommet. Des rencontres, de très belles discussions mais un très faible progrès. Si les ODDs continuent à avancer de cette manière, la solution la plus sûre pour notre génération est de construire des bunkers pour s’y cacher. Car nos pairs plus âgés sont encore trop ancrés dans leurs habitudes auxquelles les jeunes ne peuvent surtout pas toucher !

 


[1] Traduction francophone de High-Level Political Forum

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